Genèse d'un projet

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La force d’un héritage peu ordinaire

A l’image de la vie de sainte Thérèse de Lisieux, l’histoire du musée de la maison de Saint Ouen est celle d’une inspiration. Nul doute que la présence lumineuse et bienveillante de la sainte n’ait effectivement inspiré son actuel propriétaire, Philippe Ledru.

La « maison des jours heureux » a été cédée à la mère de celui-ci par une certaine Henriette Maudelonde, qui n’est autre que la petite cousine par alliance de Thérèse de Lisieux (voir Généalogie ci-dessous). Eliane Ledru, en amie de la famille, a d’emblée pris à cœur la volonté de cette dernière héritière d’un respect de la mémoire des lieux. Engagement qui a été transmis à son fils. 

Philippe Ledru, né à Lisieux tout comme ses parents et grands-parents, est un grand reporter photo qui a sillonné le monde au plus près des grands conflits et drames contemporains. D’une statue de la sainte restée intacte au milieu des décombres d’une église incendiée dans la montagne libanaise, à une autre survivant à l’attaque d’une cathédrale de Phnom Penh par les Khmers rouges : Philippe Ledru a toujours gardé en tête, aux quatre coins de la planète, l’image de cette maison. En tant que lexovien, ce n’est pas sans une certaine fierté qu’il a pu constater l’importance de la sainte dans tous les pays visités. 

Préservé physiquement au cœur même du danger, Philippe Ledru allait être victime d’un accident de la circulation à Paris, en 2008. Une épreuve physique qui allait favoriser une prise de conscience soudaine quant à l’importance symbolique de la petite maison. Revisitant les lieux en béquilles, et d’un regard neuf, il fut sensible à la force et au mystère dégagés par les murs. Il se souvint également de ce que sa mère lui avait raconté quand, au moment de la vente par la famille Maudelonde, il avait été spécifié que la haie de buis, l’if au fond du jardin, la glycine et le très vieux rosier avaient été plantés à l’époque de la petite Thérèse. La prise de conscience fit la place à une certitude : exit son projet de résidence secondaire. 

Un projet audacieux réconciliant spiritualité et technologies

De 2009 à 2011, son idée d’en faire un musée chargé d’émotions allait se heurter, au terme de longues et fastidieuses démarches administratives, à deux refus consécutifs de transformation, motivés par l’impossibilité de réaliser des parkings en proximité immédiate. Sans céder au découragement, mais au contraire animé d’une foi nouvelle et inébranlable quant à la création de son musée, Philippe Ledru eu l’inspiration d’une idée audacieuse et ingénieuse : créer un lieu de pèlerinage virtuel. Une idée lumineuse qui faisait d’une pierre trois coups : contourner les contraintes de fréquentation, éliminer les risques de dégradation de sa vieille maison et servir le vœu missionnaire de la sainte. 

Avec toujours en tête le même objectif, permettre aux amis de Thérèse de connaître cet endroit, il crée en 2011 une société, La Petite Thérèse Diffusion, avec deux amies. Les trois associés affectent ensemble au projet, sans aide extérieure aucune, des moyens financiers importants. Et c’est toujours immobilisé, qu’il suit depuis son lit, l’inauguration officielle du site internet le 11 janvier 2012. Le concept rencontre immédiatement un franc succès : courant juin 2012, il faut déjà procéder à une mise à jour des moyens techniques. Une refonte qui permet depuis le 15 août 2012, la mise à disposition au public, d’un lieu inspiré plus inspirant que jamais…

Une équipe portée par des valeurs communes

Isabelle Laporte, chef monteuse issue du monde de la télévision où elle a rencontré Philippe Ledru, apporte au projet toute son expérience de communicante. Lorsque celui-ci lui confie sa volonté de faire de sa maison de campagne un musée dédié à la petite Thérèse, elle mène sa propre enquête sur cette petite fille devenue la sainte la plus universelle. De lectures en rencontres, elle s’imprègne petit à petit de son univers. Familière des enjeux d’audience et d’indice d’écoute sans pitié propres à son métier, elle découvre avec stupéfaction que 60 millions de personnes dans 70 pays ont déjà lu son livre « Histoire d’une âme ». Une audience non seulement acquise mais mondiale… Touchée par le message de la sainte autant que par l’émouvante histoire de l’enfant, elle décide de placer son savoir-faire au service d’une lecture moderne de la pensée, des écrits et de la vie de sainte Thérèse de Lisieux. Si le film qui se joue désormais 24 heures sur 24 au fin fond de la campagne normande n’est plus « monté », c’est qu’il est au service d’un projet non formaté. Pour l’ancienne professionnelle du montage, il s’agit de permettre à la pensée de Thérèse de reprendre son bâton de pèlerin, dans un rapport au temps propice à l’approfondissement de son message.

Marie Biancardini, directrice d’une maison de retraite pendant 20 ans, apporte toute son expérience de chef d’entreprise. La rencontre avec Philippe Ledru qui allait la conduire vers ce projet s’est opérée par le biais de sa cousine Isabelle Laporte. Elle considère pour autant que c’est Thérèse elle-même qui l’a menée vers celui-ci au terme d’une réflexion qu’elle menait depuis quelque temps sur son propre « chemin de vie ». De formation médicale, elle a toujours œuvré pour le bien-être de ses patients, côtoyant la vieillesse, la mort, la souffrance. Après avoir cédé son établissement, elle a ressenti le besoin de se donner du temps. Au détour de cette pause, un petit supplément de sens l’a rendue prête et disponible à la proposition de ses deux partenaires. Il se trouve que, au-delà de cette réflexion personnelle, c’est toute son enfance qui était apparemment conviée pour l’aventure. Isabelle Laporte et Marie Biancardini sont en effet les nièces du Père André de la Croix, provincial des carmes de Paris, et directeur du collège d’Avon pendant la guerre, qui était lui-même fasciné par Sainte Thérèse : une dimension familiale à laquelle la petite Thérèse n’aurait pas été insensible. 

Allocution du Très Révérend Père Elisée le 25 avril 1960 lors de la cérémonie des obsèques du Père André de La Croix

Comme Provincial des Carmes, comme Assistant de le Fédération des Carmélites de Paris, comme Directeur du Petit-Collège d'Avon, le père André de la Croix aura laissé le souvenir impérissable d'un homme de Dieu, à la fois humain et surnaturel... Dans une lettre écrite que je ne devais lire qu’après son décès, il me disait en évoquant sa famille : " Je vous charge de dire à tous mon affection. Le vœu le plus cher que je forme pour tous, c’est que leur vie soit tournée vers Dieu. La seule richesse que je puisse leur léguer, c’est ma prière d’au-delà du temps."